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Fonction achats en France à l’horizon 2026

Fonction Achats En France à L’horizon 2026

Entre durabilité réglementaire et résilience stratégique

Un environnement durablement instable

Après une succession de chocs systémiques depuis 2020, crise sanitaire, perturbations logistiques mondiales, tensions géopolitiques, inflation persistante et volatilité énergétique, l’année 2026 ne marque pas un retour à un équilibre économique stable pour les entreprises françaises. Elle s’inscrit plutôt dans une phase d’instabilité structurelle, caractérisée par une incertitude durable sur les prix, les flux commerciaux et l’accès aux ressources stratégiques. Dans ce contexte, la fonction achats connaît une redéfinition profonde de son rôle. Historiquement orientée vers l’optimisation des coûts et la négociation commerciale, elle devient un pilier de la continuité d’activité et de la résilience organisationnelle. L’acheteur de 2026 est désormais attendu sur sa capacité à anticiper les ruptures, à cartographier les risques fournisseurs, à sécuriser les approvisionnements critiques et à contribuer à la robustesse globale du modèle économique de l’entreprise.

Cette évolution s’observe aussi bien dans le secteur public que privé. Les directions achats sont de plus en plus intégrées aux instances de pilotage stratégique, notamment dans les secteurs industriels, énergétiques, de la santé ou des infrastructures, où les défaillances d’approvisionnement peuvent avoir des impacts majeurs sur la production, les finances ou la réputation.

Achats durables : une obligation réglementaire structurante

La France se distingue par un cadre réglementaire particulièrement structurant en matière d’achats responsables. La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 fixe un objectif explicite pour la commande publique : à compter de 2026, 100 % des marchés publics doivent intégrer au moins une considération environnementale dans leurs conditions d’exécution ou leurs critères d’attribution. Il ne s’agit plus d’une bonne pratique facultative, mais d’une obligation juridique généralisée.

Cette trajectoire est renforcée par le Plan National pour des Achats Durables (PNAD 2022–2025), qui encadre l’action des acheteurs publics autour de trois piliers complémentaires : environnemental, social et économique. Le PNAD vise notamment l’intégration de critères liés à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à l’économie circulaire, à l’insertion sociale et à l’accès des PME à la commande publique. Concrètement, les appels d’offres publics intègrent de plus en plus des exigences relatives à l’empreinte carbone des prestations, à la durabilité des produits, à la traçabilité des matières premières ou à la performance environnementale globale des fournisseurs. Cette évolution a un effet d’entraînement direct sur le secteur privé. La directive européenne CSRD impose progressivement aux grandes entreprises, puis à leurs partenaires, des obligations de reporting extra-financier standardisé, fondé sur des données vérifiables et auditables.

À cela s’ajoute le règlement européen sur la déforestation importée (EUDR), qui impose des obligations de diligence raisonnable et de traçabilité renforcée pour certaines matières premières à risque, telles que le bois, le cacao, le café, le soja ou l’huile de palme. Les directions achats deviennent ainsi un maillon central de la conformité réglementaire ESG, responsables non seulement du choix des fournisseurs, mais aussi de la fiabilité des données transmises aux directions financières et RSE.

Résilience et recomposition des chaînes d’approvisionnement

Les crises récentes ont mis en évidence les limites des chaînes d’approvisionnement mondialisées, longtemps optimisées presque exclusivement sur la réduction des coûts et le flux tendu. En 2026, la résilience s’impose comme un critère de décision à part entière dans les stratégies d’achats françaises.

Les directions achats intègrent désormais de manière systématique l’analyse des risques géopolitiques, la stabilité des cadres réglementaires locaux, la fiabilité logistique, la concentration géographique des fournisseurs et la dépendance à des intrants critiques. Cette approche conduit à une diversification accrue des sources d’approvisionnement, voire à des stratégies de régionalisation ou de relocalisation partielle, même lorsque celles-ci entraînent une hausse apparente des coûts unitaires. Cette évolution s’explique par une prise en compte plus fine des coûts totaux d’acquisition, incluant les coûts cachés liés aux ruptures d’approvisionnement, aux retards de livraison, aux pénalités contractuelles, aux arrêts de production ou aux non-conformités réglementaires. À l’échelle européenne, la France soutient activement la révision des directives marchés publics prévue pour 2026, afin de permettre une meilleure prise en compte des critères de sécurité d’approvisionnement et de souveraineté économique.

Par ailleurs, plusieurs dispositifs européens et nationaux modifient directement la structure des coûts d’achats. Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) entre dans sa phase financière à partir de 2026, intégrant progressivement le coût du carbone dans le prix de certaines importations industrielles. En parallèle, la fin du dispositif ARENH au 1er janvier 2026 entraîne une exposition accrue des entreprises françaises aux prix de marché de l’électricité. L’énergie redevient ainsi un poste stratégique, nécessitant une expertise renforcée en matière de contractualisation, de couverture des risques et de pilotage à long terme.

Digitalisation et intelligence artificielle encadrée

La digitalisation de la fonction achats s’accélère fortement en France à l’approche de 2026. La généralisation de la facturation électronique à partir du 1er septembre 2026 constitue une réforme structurante, visant à renforcer la lutte contre la fraude fiscale, améliorer la transparence et fiabiliser les données financières des entreprises. Au-delà de l’obligation réglementaire, cette dématérialisation facilite l’automatisation des processus, la traçabilité des flux et l’exploitation des données achats à des fins de pilotage stratégique. Les solutions de e-procurement et les suites Source-to-Pay s’imposent progressivement comme des standards, notamment dans les organisations de taille intermédiaire et les grands groupes. L’intelligence artificielle trouve également sa place dans les pratiques achats, mais dans un cadre encore largement encadré. En 2026, l’IA est principalement utilisée comme un outil d’assistance à la décision : analyse avancée des dépenses, détection d’anomalies, aide à la rédaction contractuelle, synthèse documentaire ou évaluation des risques fournisseurs. Les décisions finales restent humaines, l’explicabilité des algorithmes et le contrôle des résultats étant considérés comme essentiels, notamment au regard des exigences du futur règlement européen sur l’IA.

Une fonction achats devenue stratégique

À l’horizon 2026, la fonction achats française a définitivement changé de statut. Elle n’est plus cantonnée à un rôle opérationnel, mais pleinement intégrée aux réflexions stratégiques de l’entreprise. Elle travaille en étroite collaboration avec les directions financière, juridique, RSE, industrielle et logistique.

L’acheteur de 2026 est à la fois analyste de données, gestionnaire de risques, négociateur, expert réglementaire et partenaire des métiers. Sa capacité à sécuriser les approvisionnements, à garantir la conformité réglementaire, à piloter la performance durable des fournisseurs et à créer de la valeur sur le long terme fait de la fonction achats un levier central de compétitivité et de résilience économique.

Lectures de référence et sources complémentaires:

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