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Facturation électronique obligatoire : ce qui change vraiment depuis le 1er septembre 2026

Facturation électronique Obligatoire Ce Qui Change Vraiment Depuis Le 1er Septembre 2026

Guide pratique pour les PME, TPE et acheteurs publics français

Depuis le 1er septembre 2026, la facturation électronique n’est plus une option ni un projet lointain : c’est une obligation légale en vigueur. Voici, sans jargon inutile, ce qui a changé, ce qui reste à venir, et ce qu’il faut vérifier dès maintenant si ce n’estpas déjà fait.

L’essentiel en 30 secondes

TDepuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA doivent être en capacité de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée par l’administration fiscale. À la même date, les grandesentreprises et les ETI (entreprises de taille intermédiaire) ont aussi commencé à émettre toutes leurs factures B2B sous format électronique structuré.

Les PME, TPE et micro-entreprises ont un an de répit supplémentaire pour l’émission : leur obligation démarre le 1er septembre 2027. La réception, elle, les concerne déjà depuis septembre 2026. Le fameux portail public gratuit qui devait tout centraliser a été abandonné en 2024 : il faut désormais passer par une plateforme privée agréée par la DGFiP (les « PA », anciennement appelées PDP).

Le secteur public n’est pas concerné par ce nouveau circuit : Chorus Pro reste le canal obligatoire pour facturer une administration, comme c’est le cas depuis 2017-2020.

Pourquoi cette réforme, et depuis quand est-elle en préparation ?

Ce n’est pas une décision de dernière minute. Le principe a été posé par la loi de finances pour 2020, précisé par une ordonnance du 15 septembre 2021, puis le calendrier a été revu une première fois par la loi de finances 2024 après plusieurs reports. L’objectif affiché par l’administration fiscale est double : simplifier la vie des entreprises à terme (déclarations de TVA pré-remplies, moins de saisie manuelle) et lutter contre la fraude à la TVA grâce à une meilleure traçabilité des transactions.

Deux mécanismes distincts cohabitent dans cette réforme, et la confusion entre les deux est la source de la plupart des erreurs :

L’e-invoicing (facturation électronique) : l’obligation d’émettre et de recevoir des factures sous format structuré, pour les transactions B2B domestiques entre entreprises assujetties établies en France.

L’e-reporting : l’obligation de transmettre à l’administration fiscale certaines données de transaction et de paiement pour les opérations qui échappent à l’e-invoicing, ventes aux particuliers (B2C) et transactions internationales notamment.

Retenez cette règle simple : si votre client est une entreprise française assujettie à la TVA, c’est de la facture électronique classique. Si c’est un particulier ou un client à l’étranger, c’est de l’e-reporting.

Pour situer votre entreprise, les seuils retenus par l’INSEE (décret n° 2008-1354) reposent sur l’effectif et, alternativement, le chiffre d’affaires ou le total de bilan :

TPE / micro-entreprise : moins de 10 salariés

PME : moins de 250 salariés et chiffre d’affaires inférieur ou égal à 50 M€

ETI : entre 250 et 4 999 salariés, ou chiffre d’affaires inférieur à 1,5 Md€

Grande entreprise : 5 000 salariés ou plus, ou chiffre d’affaires supérieur à 1,5 Md€

Un point pratique souvent négligé : la quasi-totalité des PME et TPE françaises sont déjà concernées aujourd’hui, même si leur obligation d’émission n’arrive qu’en 2027. Dès lors que l’un de leurs fournisseurs est une grande entreprise ou une ETI, ellesdoivent pouvoir recevoir ses factures électroniques dès maintenant. Attendre 2027 pour s’équiper serait donc une erreur : le sujet de la réception est déjà d’actualité pour tout le monde.

Comment ça marche concrètement : le rôle des plateformes agréées

IAutre changement de taille par rapport au projet initial : il n’existe pas de portail public gratuit unique pour échanger des factures B2B privées. Le gouvernement avait initialement prévu un « Portail Public de Facturation » (PPF) capable de recevoir et transmettre les factures ; ce volet a été abandonné en octobre 2024 pour des raisons de calendrier et de moyens. Le PPF conserve seulement deux fonctions techniques : servir d’annuaire central des entreprises et de leur plateforme de facturation, et transmettre les données à l’administration fiscale.

En pratique, chaque entreprise doit donc choisir une Plateforme Agréée (PA) – l’appellation officielle a remplacé celle de « Plateforme de Dématérialisation Partenaire » (PDP) courant 2025, mais il s’agit du même dispositif. Ces plateformes sontimmatriculées par la DGFiP ; une liste officielle, mise à jour régulièrement, est consultable sur impots.gouv.fr. Plus d’une centaine d’acteurs sont déjà agréés, des éditeurs de logiciels de facturation et de comptabilité (Sage, Cegid, Pennylane, Sellsy, Indy, Tiime, Qonto…) aux spécialistes de la dématérialisation B2B (Esker, SERES, Generix, Docaposte…).

Concrètement, votre plateforme agréée se charge de transmettre vos factures à la plateforme de votre client, quelle qu’elle soit, les PA sont interopérables entre elles. Trois formats structurés sont reconnus, tous conformes à la norme européenne EN 16931 :

Factur-X : un format hybride, un PDF lisible par un humain associé à des données XML lisibles par une machine, souvent le plus simple à adopter pour une PME.

UBL (Universal Business Language)

CII (Cross Industry Invoice)

Une simple facture PDF envoyée par e-mail, aussi propre soit-elle, ne répond plus aux critères réglementaires pour les échanges B2B domestiques concernés.

Le cas particulier des acheteurs et fournisseurs du secteur public

Pour les acheteurs publics et leurs fournisseurs, un point mérite d’être clarifié car il est source de confusion récurrente : la réforme B2B de 2026-2027 ne remplace pas Chorus Pro.

Chorus Pro, opéré par l’AIFE, est obligatoire depuis 2017 pour les grandes entreprises et depuis 2020 pour l’ensemble des fournisseurs facturant une administration, une collectivité, un établissement public ou un hôpital français. Cette obligation ne change pas avec la réforme : Chorus Pro reste le canal de référence pour les factures adressées au secteur public (B2G), et son usage demeure gratuit.

Ce qui évolue à la marge :

Un fournisseur qui a choisi une plateforme agréée pour ses factures privées peut, si sa PA est raccordée à Chorus Pro et propose cette fonctionnalité, lui confier également la transmission de ses factures publiques, sans avoir à ressaisir dans Chorus Pro.

Certains circuits publics spécifiques (marchés de travaux, frais de justice) restent propres à Chorus Pro, quelle que soit la plateforme utilisée par ailleurs. Les entités publiques elles-mêmes, lorsqu’elles facturent des structures assujetties à la TVA, utiliseront aussi Chorus Pro comme plateforme d’émission, il n’y a pas de PA à sélectionner côté acheteur public.

En clair : un service achats qui travaille à la fois avec des fournisseurs privés et des donneurs d’ordre publics devra piloter deux circuits distincts, sa plateforme agréée pour le B2B privé, Chorus Pro pour le B2G, même si une passerelle technique entre les deux existe désormais pour limiter la double saisie.

Ce que risque une entreprise qui ne s’y met pas

La loi de finances pour 2026 a durci les sanctions initialement prévues :

Facture non conforme émise : l’amende passe de 15 € à 50 € par facture, avec un plafond annuel.

Manquement à l’obligation d’e-reporting (non-transmission des données de transaction ou de paiement) : l’amende passe de 250 € à 500 € par manquement, également plafonnée annuellement.

Au-delà de l’amende, le vrai risque opérationnel est ailleurs : une entreprise qui n’a pas de plateforme agréée en place ne peut tout simplement plus recevoir les factures de ses fournisseurs déjà conformes, ni leur envoyer les siennes dans les délais. Le blocage est avant tout un blocage de flux, avant d’être un blocage fiscal.

Checklist pratique : par où commencer

Vérifiez votre situation dès maintenant, même si votre obligation d’émission ne démarre qu’en 2027, la réception, elle, est déjà obligatoire pour vous. Choisissez une plateforme agréée en consultant la liste officielle sur impots.gouv.fr, en croisant vos besoins réels (volume de factures, intégration avec votre outil de comptabilité existant, gestion multi-format) plutôt que le premier nom venu.

Prévenez vos fournisseurs et clients de votre plateforme et du format que vous utiliserez, en particulier les partenaires publics si vous facturez des administrations. Distinguez bien vos flux : B2B domestique (facturation électronique classique), B2C et international (e-reporting), B2G (Chorus Pro), ne mélangez pas les circuits. Formez les équipes concernées : comptabilité, mais aussi commercial et achats, qui devront s’assurer que les nouvelles mentions obligatoires et le bon canal sont respectés dès l’émission d’un devis ou d’une commande. Anticipez le mode dégradé : en cas de panne de votre PA ou de celle d’un partenaire, des procédures de secours existent, mieux vaut les connaître avant d’en avoir besoin.

Pour vérifier une information officielle

Le sujet évolue encore régulièrement (listes de plateformes, précisions administratives, foire aux questions). Les sources qui font foi restent :

impots.gouv.fr, espace dédié de la DGFiP, liste officielle des plateformes agréées

Chorus Pro (portail.chorus-pro.gouv.fr), pour tout ce qui concerne la facturation au secteur public

service-public.fr,  pour les entreprises souhaitant une explication grand public du dispositif

Ce guide reflète l’état de la réglementation à la mi-septembre 2026, comme pour toute réforme fiscale récemment entrée en application, il reste prudent de recouper toute décision structurante avec les publications officielles avant de s’engager.

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